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Full text of "Labyrinte de Versailles"

JW' 



LABYRINTE 



D E 



VERSAILLES. 




A PARIS, 

DE L'IMPRIMERIE ROYALE. 



M. DC. LXXVII. 



r vr C" 



r% •" 










DESCRIPTION 

DU LABYRINTE 

DE VERSAILLES.^ 

J^Ntre tous les Bocages àu^ Petit. 
Parc de VerJaiUùf ^ celuy c^uon nom-* 
me le Lahjrinte ^ eji fur tout recom^ 
mandahle far la nouveauté du dej^ 
feïn, & far le nombre & la diver- 
Jtté de fis Fontaines. Il eft nommi 
Labyrinte, farce qu'il s'y trouve 'vna 
infinité de fetites allées tellement mé\ 
Ices les unes dans les autres, quil efi^ 
frefque imvoj?ihle de ne, sly fas éga- 
rer: mais auft afin que ceux qui s'y 
fer dent , fuirent Je ferdre agréable^ 

ment, il ny a. f oint de détour qui 

a ij 



4 Labyrinte 

tu ^rejcjjtc ^Injleurs Fontaines en mef 

me temps a la ^eùé ^ en forte quà 
chaque vas on ejt ftirpris var quel- 
que noHVcl ohjet. 

On a choijî pour fujet de ces Fon^ 
tamcs une partie àts Fables à^JEfo- 
fe ^ & elles font fi nai"jement expri-- 
mees ^ quon ne peut rien 'voir de plus 
vtgenieufement exécuté. Les animaux 
de hronT^ colorié félon le naturel y font 
fl bien défgnez^, quils femblent ejlre 
dans Inaction mefme qutls reprefen- 
tent i d* autant plus que l'eau qu'ils 
jettent y imite en quelque forte la pac- 
tole que la Fable leur a donnée. 

La différente difpofitîon de cha- 
que Fontaine fait aufi une di'verfi^ 
té tres^agréable s & les couleurs bril- 
lant es des coquilles rares, & de la 



DE Versailles. f 

rocaille jine dont totu Icj baj^ms font 

omez^y fe mêlent fi heunvjfem^nt ^- 
njec la njerâure des valijfades, c^uon. 
ne Je lajfe jamais d' admirer cette pro^ 
digienfe c^uantité de Fontaines qiéfi^r-' 
prennent tontes Par la fingularité da 
l'invention. Par la. jupe exprefiion de 
ce au elles reprefintenty Par la beauté 
des animaux d.ont elles font accom* 
vagnées, & par i abondance de teau 
quelles jettent. 

On a cru quil efioit à propos d^ 
faire une exaUe defcription de cha-- 
que Fontaine en particuliery pour ac- 
compagner les Ejlampes quon en a 
fait faire ; & afin de faire connoitre 
comment chaque Fable ef fdellement 
reprefentée y on trouvera de fuite par 

ordre une courte narration de la Fa- 

a iij 



4: L A B Y R I NT È 

Uej & tim courte àejcrïpion de la. 
manière dont la Fontaine ejt dtj^o-. 
fée. 

- En entrant} on trowve deux Figu^ 
re<f de bronze ijeintes au naturel , &. 
vofées chacune fur un pied-d'eftal de 
rocaille : lune re^re fente /Efofe , ïau^ 
tre l'Amour. jEfpe tient un rou^ 
leau de vapier^ & montre l* Amour 
iqui tient un peloton de fi y comme 
pour faire connoltre o^ue fi ce Dieu 
\engage le^ hommes dans de fâcheux 
^ahjrintesy il na pas moins le fecret 
de les en tirer lors qu'il efi accompa^ 
\gné de la frg^f^ ^ dont JEfope dans 
fes Fables enfèigne le chemin. 

En fiite on trouve les Fontaines 
'au nojnbre de c[uarante en i ordre qui 
'fiit: A chacune de ces Fontaines on 



D E V E R S A la X E S. f 

Vf pratiqué une -place ^ ou jur une 
lame de bronXe peinte en noir il y 
a une Infcrivtton de quatre Vers ecri^ 
te en Lettres d'or. Ces Vers faits par 
Monjleur de Benfèrade , expliquent 
la Fable, & en tirent la moralité. 

. I. F A B L E. 

Le Duc & les Oijeaux, 

yj N jour le Duc fut tellement batit 
par les Oifeaux, à caufe de fon vilain ^ 

chant, & de fon laid plumage, qu'il n'a 
depuis ofé fe montrer que la nuit» 

Vi^iV grand demy-Dome de treillage orne 
d'architeéiure ^ eft en dedans rempli de toute 
forte d'OiJeanx perche:^ fur des branches ^ mi 
jettent de l'eau en mille manières différentes 
Jur le Duc qui efl en bas au milieu d'un haf- 
fin de rocaille. Les Oifeaux paroi ffent tous 

a iiij 



S^ L A B Y R I N T E 

anime:^ de colère ^ (y le pauvre Duc femhU 
tout honteux de fa dif grâce ^ 

II. FABLE. 

Les Coqs & la Perdrix. 

ij N E Perdrix s*affligeoit fort d'eftrc 
batuë par des Coqs y mais ayant veû 
quils fe batoient eux-mefmes, elle fe 
confola. 

vy M voit la Perdrix fur un petit rocher 
de rocaille^ qui jette de l'eau en l'air ; cjjr aux 
deux cofle^ fur deux petits rochers plus eleve:^, 
deux Coqs vomiffent leau dans un bajjin, 

III. FABLE. 

Le Coq & le Renard, 

\j N Renard prioit un Coq de det 
cendre pour fe réjouir enfcmble de la 
paix faite entre les Coqs &: les Renards. 
Volontiers , dit le Coq , quand deux 



DE Versa il le s. p 

Lévriers que je voy qui en apportent la 
nouvelle, feront arrivez: le Renard re- 
mit la réjouïflance à une autre fois, ôc 
s'enfuit. 

/ y E Coq fur un haut f illier de rocaille 
^ de "verdure y njomit de l'eau contre le Re^ 
nardj qui en bM de dé^it jette de l'eau contre 
le Coq. 

IV. FABLE. 

Le Coq & le Diamant. 

\j N Coq ayant trouvé un Diamant, 
dit : J'aimerois mieux avoir trouvé un 
grain d'orge. 

.jTl.'V milieu d'un hajjiny le Coq qui tient 
fous Ja^atte un gros morceau de criflal taillé 
en Diamant y jettant un long trait d'eau en 
l'air y femhle Je plaindre au Ciel de n avoir 
pas plutojl trouve un grain d'orge. 



lO L AB Y R I N TE 

-. s- 

V. FABLE. 

Le Chat ^enàu & les Rats. 

XjN Chat fc pendit par les pattes, 
êc faifant le mort, attrapa plufieurs Rats. 
Une autre fois il fc couvrit de farine. 
Un vieux Rat luy dit: Quand tu ferois 
le fac à la farine, je ne mapprocherois 
pas. 

/ y E Chat pendf^ fur le haut d'une ejpece 
d'amortijjement de rocaille ^ njomit de l'eau dans 
un hajjtn; les Rats autour jettent de l'ean 
contre luy ^Jans l 'ojer ah order, 

VI. FABLE. 

L Aigle & le Renard. 

'■ yj N E Aigle mangea les petits d'un 
Renard au pied de larbrc où eftoit fou 
nid, ne croyant pas qu*il pûft s'en van- 
ger : mais le Renard ayant trouvé un 



DE Versailles. ly 

flambeau allumé , mit le feu à larbrc ,' 
ôc brûla les Aiglons. 

i/N tronc d*arhre parfaitement bien imitée 
porte un bajjtn de hronT^e dore amour duquel 
font des aiglons : le Renard au pied du tronc 
tient un flambeau allumé dans fa gueule » 
C^ du milieu du bajjtn il fort un jet» 

VII. FABLE. 
Les Faons & le Geay^ 

I ,E Geay s'eftant un jour paré des plu- 
mes de plufieurs Paons , vouloir faire 
comparaifon avec eux : chacun reprit fes 
plumes, ^ le Geay ainfi dépouillé leur 
fervit de rifée. 

J^ Es deux cofle^i ^'^^ grand bajjin^ huit 
Paons place:^fur de petits rochers plus éleve-^ 
les uns que les autres j *vomiffent de l*eau fur 
le Geay, Au fond^ fur un autre rocher plus 
eU'véjUn Paon ^ la queue épanouie ^ jette de 
l'eau, qui tombe par nappes en cafcade dans le. 



n Lab.yrinte 

baljtn. Ah milieu de toute cette cheute d'eau 

en a/oit le pauvre Geay prejquf tout dépouillé* 

VIII. FABLE. 

Le Coc & le Coc^d*Inde. 

yj N Coc-d'Inde cuira dans une cour 
en faifanc la roûc. Un Coc s*en ofFen- 
fa, & courut le combatre, quoy qu'il 
fuft entré fans deffein de luy nuire. 

/ _j E CoC'JtInde faifant la rouëj f!^ le 
Coc animé de colère , forment deux ^os jets 
au milieu ^un hajfm, 

IX. FABLE. 
Le Paon & la Pie, 

JLEs Oifeaux élurent le Paon pour leur 
Roy , à caufe de fa beauté. Une Pie s'y 
oppofa, & leur dit qu'il falloir moins 
regarder à la beauté qu'il avoit^ qu'a la 
vertu qu'il n'avoit pas. 



DE Versailles. 13 

Ji Lufieurs Oifèaux des plus rares font 
place:^ fur un amphiteatre de rocaille j cir 
jettent de l'eau. Au fond efi le Paon jettant 
de l'eau, qui tombe par nappes en cajcade dans 
le baj^in. La Pie fur un petit rocher femhlc 
plaider fa caufe , ^ jette de l'eau contre le 
Paon. 

X. FABLE. 

Le Dragon 3 l'Enclume^ & la Lime. 

yj N Dragon vouloit ronger une En- 
clume. Une Lime luy dit : Tu te rom- 
pras plûtoft les dents que de Tentamcrj 
je puis moy feule avec les miennes te 
ronger toy - mefme , &: tout ce qui eft 
icy. 

^y Ne ej^ece de rocher fawvage reprefente 
ï antre du Dragon y qui mordant l'Enclume, 
yomit deffus un torrent d'eau. 



\ XL FABLE. 

Le Singe & fhf Petits. 

yj N Singe trouva un jour un de fes 
Petits fi beau , qu'il , l'étouffa à force dq 
l'embrafler. 

J Rfik Singes adojje^ foutïenmnt une co- 
ouille ronde de hron-^e dore ^ fur le milieu de 
lamelle un Singe étreint dans fes bras un de 
fes Petits ^ mi jette un long trait d'eau en 
l'air, ^^i '- ^ ■ 

XI L FABLE. 

Le Combat des Animaux. 

I . E s Oifeaux eurent guerre avec les 
^ Animaux terreftres. La Chauve - fou ris 
croyant les Oifeaux plus foibles, palfa 
du cofté de leurs ennemis, qui perdirent 
pourtant la bataille. Elle n'a dçpuis ofé 
retourner avec les Oifeaux, 6^ ne vole 
plus que la nuit. ' ' -'^ 



deVersailles. 15 

y_^Ene Fontaine eft dans_ un grand cahinet 
de treillage de fer CjT* de bois j couvert de chè- 
vrefeuille j de rojcsj CjT* autres Jleurs. Il eft 
orne d' architecture ^ ç^ finit en dôme ouvert 
par enhautj avec une petite haluftrade autour 
de l'ouverture, La corniche ç^ la voiite de ce 
cahinet font pleines d'OiJeaux de toutes les 
eft>eceSj qui vomijjent de l'eau en h as dans un 
hajjin de rocaille j du milieu duquel s' ê levé un 
rocher; (^ le long de ce rocher on voit monter 
plujieurs Animaux a quatre pieds , qui jet- 
tent de l'eau contre les Oifeaux, Tout au tour 
du cahinet y fur des rocailles , on voit encore 
d'autres Animaux ; ^ dans quatre niches ^ 
il y en a encore plufieurs qui jettent une telle 
abondance d'eau, que cela repre fente naive^ 
ment une guerre. Mais ce qu'il j a fur tout 
d'admirable y c'eft le nombre infini d' Animaux 
tous en différente attitude :, f0 les uns ^ les 
autres paroiffent en colcre ^ ç^ anime:(^ au 
combat. A l'entrée de ce cabinet , deux Sin- 
ges plaijamment monte:^ Jur des Chèvres, 
jettent par Jurprije de l'eau par un cornet de 
bronze doré. 



16 Làbyrinte 

XIII. FABLE. 

Le Renard & la Grue. 

yj N Renard ayant invité une Grue à 
manger, ne luy fervit dans un baffin 
fort plat que de la bouillie^ quil man- 
gea toute luy feul. 

L^XJr un petit rocher de rocaille on "voit te 
Renard (^ la Crue. Le Renard a le mufeau 
fur une foucoufe de vermeil derê ^ où l'eau 
forme une nappe ^ ^ la Grue fait un jet en 
l'air, 

XIV. FABLE. 

La Grue & le Renard* 

\ A Grue pria en fuite le Renard, & 
luy fervit aufli de la bouillie, mais dans 
une bouteille , où faifant entrer fon 
grand bec , elle la mangea toute feule. 

Sur 



DE Versailles» 17 

<3 ^^ ^^ p^^^f rocher la Cicogne a jon bec 
dans un "vap de criflal que forme l'eau y ^ 
qui efl garni de 'vermeil doré. Le R,enard au^ 
Prés jette de l'eau, 

XV. FABLE. 

La Poule & les Poupns. 

ij Ne Poule voyant approcher un Mi- 
lan, fit entrer fes Petits dans une cage, 
^ les garantit ainfi de leur ennemi. 

JiJ Ans un deniy-Dome de treillage orne 
d'Architecture^ on voit les Poules qui jettent de 
l'eau. Les Petits font enjèrme"^ dans une cage 
qui efl formée far l'eau mefme^ a travers dt 
laquelle on les voit. Le Milan vomit de l'ca» 
d'enhautj ou il paroifl les ailes étendues^ 

XVI. FABLE. 

Le Paon & le KopgnoL 

iJN Paon fc plaignoit a Junon dé 
n*avoir pas le chant agréable comme k 



l8 t A B Y R IN TE 

Roflîgnol. Junon luy dit : Les Dieux 
partagent ainfi leurs dons; il te furpafle 
en la douceur du chant; tu le furpaffes 
en la beauté du plumage. 

/ y E Paorij la queue épanouie ^ êleve Jur un 
Petit rocher:, ^omit de l'eau dans un ha^in, 
Plujieurs Ro^ignols en b^ forment des jets 
en l'air, 

XVIL FABLE. 

Le Perroquet & k Sin^e. 

\j N Perroquet fe vantoit de parler 
comme un homme. Et moy, dit le Sin- 
ge , j'imite toutes fes allions. Pour en 
donner une marque, il mit la chemife 
d*un jeune Garçon qui fe baignoit, & 
s'y cmpeftra fi bien, que le jeune Gar- 
çon le prit, & lenchaifna. 

J^ Eux Perroquets êle've:(^Jur de petits ra^ 
chèrs "vomffent de l'eau en bas dans un baf- 
Jm, Lf Si^gc ajfis Jur un tronc d'arbre^ de- 



DE Versailles. as> 

pl^eré de fe 'voir emharajp dans une chemijcj 
levé U te fie, O* firme un ^os jet, 

XVIII. FABLE. , 

Le Singe juge. 

yj N Loup & un Renard plaidoicnt 
lun contre Tautrc pour une affaire fort 
embrouillée. Le Singe qu'ils avoient pris 
pour Juge, les condamna tous deux à 
l'amende, difant qu'il ne pouvoit faire 
mal de condamner deux i\ méchantes 
beftes. 

JLJ *Vn cojlé du hdjjtn font les Renards, 

& de l'autre les Loups j oui jettent de l*eau. 
Au finds , dans un fauteuil de rocaille, un 
gros Singe pavement ajfts^ ç^ accoudé, 'vomit 
de l'eau, A fes deux cofle:^^ deux Singes j l'un 
la baguette à la main en forme d'HuiJJter, 
t autre écria) ant comme un Crever J jtttent de 
teauj cjT* rendent cette Fontaine fort di'vsr^ 
tijfantc^ 

bij 



ZO 1^ L A B Y R I N T E 

XIX. FABLE. 

Le Rat & la Grenouille, 

\^j N E Grenouille voulant noyer un 
Rat, luy propofa de le porter fur fon 
dos par tout fon marefcage. Elle lia une 
de fes pattes à celle du Rat, non pas 

Î)our l'empefcher de tomber comme el- 
e difoit, mais pour l'entraîner au fond 
de l'eau. Un Milan voyant le Rat, fon- 
dit deffus, & l'enlevant enleva auflî la 
Grenouille, àc les mangea tous deux. 

/ j E Rat ^ la Grenouille lie^ enjemble^ 
^ couche":^ dans le bajjin^ font chacun un jet, 
jLe M'tlan^ en haut^ Us ailes étendues^ vomit 
de t eau fur eux, 

XX. FABLE. 
Le Lié'vre & la TorPiié. 

yj N Lièvre s'étant moqué de la len- 
teur d une Tortue, de dépit elle le défia 



DE Versailles. 2:1 
à la courfe. Le Lièvre lavoir partir, & la 
laifle fi bien avancer, que quelques ef- 
forts qu'il fît en fuite, elle toucha le 
but avant luy. 

y y E IJé'vre ^ la Tortue' jettent tous deux 
de l'eau en l'air^ ^ il fort un torrent d'eau 
d'un rocher de rocaille j, qui femble ejlre le terme^ 
de la courje qu'ils ont entre^rife. 

XXI. FABLE. 

Le Loup & la Grue, 

\^ N Loup pria une Grue de luy ofter 
avec fon bec un os qu*il avoLt dans la 
gorge. Elle le fit , &: luy demanda ré- 
compenfe. N'eft ~ ce pas aflez , dit le 
Loup, de ne t'avoir pas mangée? 

J^ Ans un rond d'caUj att milieu d'une ah 
IcCj on ^oit le Loup (y la Grue, La Gru'é 

A Çon hec dans la gueule du Loup^ qui jette 
de l'eau en ïair anjec abondance, 

b iij 



aOi L A B Y R I N TE 

XXII. FABLE. 

Le Milan & les Oïfeaux. 

XJ'n Milan feignit de vouloir traiter 
les petits Oifeaux le jour de fa naiflan- 
ce, ^ les ayant rcccûs chez luy, les man- 
gea tous. 

JL/ Ans un hajjtn ovale ^ fur un petit rocher, 

efl le MiUn^ oui jette de l'eau en l'air: plu- 

^eurs différents petits Oifeaux autour de luy 

forment une ef^ece de gerbe, .^ ,. 

XXIII. FABLE. 
Le Singe Roy. 

{^ N Singe fut élu Roy par les Ani- 
mauXj pour avoir fait cent fingeries avec 
la couronne qui avoir efté apportée pour 
couronner celuy qui feroit élu. Un Re- 
nard indigne de ce choix, dit au nou- 
veau Roy quil vint prendre un trefor 



DE Versailles. 13 
qu*il avoit trouvé. Il y alla, & fut pris 
a un trébucher tendu , où le Renard di^ 
foit qu'cftoit le trefor. .. 

($^y/jilJ milim d'une efpece de cahînet de 
'Verdure j, efl un hajfm tout entouré de flujieurs 
differens Animaux oui jettent de l'eau. Le 
Singe au milieu aJJtSj paroifl Je joUer avec la 
couronne., c^ fait un long jet en l'air. Le R^e^ 
nard a [on cojté Jemhle je moquer de luj. 

XXIV- FABLE. 

Le Renard & te Bouc. 

yj N Boue & un Renard defcendîrent 
dans un puits pour y boire j la difficulté 
fut de s*en retirer. Le Renard proposa 
au Bouc de fe tenir debout, qull mon- 
teroit fur fes cornes, &: quêtant forti, il 
îuy aideroit. Quand il fut dehors , il fc 
moqua du Bouc, & luy dit: Si tû avois 
autant de fens que de barbe , tu ne fe- 
rois pas defcendu là fans fçavoir com- 
ment tu en fortirois. 

[b iiij • 



i4 L A B Y R I N T E 

\y N njoh un puits de rocaille j duquel il Jort 
une greffe nappe d'eau. Le Bouc montre plai- 
famment la te fie ^ çy Jemhle Je plaindre dpâ 
Renard j qui hors du puits 'vomit encore dt 
l'eau fur luy^ pour l'injulten 

XXV. FABLE. 

Le Conjeil des Rats. 

JL E s Rats tinrent confeil, pour fe ga- 
rantir d'un Chat qui les defoloit. L'un 
d'eux propofa de luy pendre un grelot 
au col. L'avis fut loiié , mais la difficulté 
fut grande à mettre le grelot, 

($^yjiX)tour d'un petit hajjin exagone font 
plufeurs Rats ajjisj comme pour tenir confetl, 
^i jettent de l'eau en l'air. Un plus gros 
que les autres^ au milieu du hajjin ^ tenant un 
grelot en fa patte, forme aujji un gros jet. 



DE Versailles. z; 

XXVI. FABLE. 

Les Grenouilles & Jupiter, 

JLEs Grenouilles demandèrent un jour 
un Roy à Jupiter, qui leur envoya une 
Poutre. Les Grenouilles fe moquèrent 
de ce Roy immobile , & en demandè- 
rent un autre. Jupiter leur envoya une 
Grue, qui les mangea toutes. 

O "Dr le derrière efl la GrHb\ oui tient une 
Grenouille dans fin bec. Plujteurs Grenouilles^ 
fur une petite Poutre de bron'^e ^femblent^ en 
jettant de l'eau^ demander un autre Roy, 

XXVII. FABLE. 

Le Singe & le Chat. 

J^E Singe voulant manger des marons 
qui eftoient dans le feu, fc fervit de la 
patte du Chat poqr les tirer. 



t^ Labyrinte 

Ij IJr une comille de hron^e doré portée p-ar 
des ej^eces de conjoles de mejme méuïU paroijt 
un hra:<^ier^ duquel il fort un gros jet. Le Sin- 
^e^ en riant^ tire la patte au Chat, qui fem- 
ile s*en défendre» 

XXVIII. FABLE. 

Le Renard & les Raijîns, 

\j N Renard ne pouvant atteindre aux 
Raifins d'une treille, dit qu'ils n'étoient 
pas meurs, ^ qu'il n'en vouloit point. 

M J ^IJne treille qui entoure une manière de 
Grotte ruftique à jour^ il pend de belles grap^ 
pes de Raifin. Plujteurs Renards :, en dij^ren- 
tes poflures, jettent de l'eau; ^ du fonds ^ ^ 
des cojle:^^ de cette Grotte il fort des jets, dont 
l'eau forme des nappes j qui retomhtnt enjuite 
dans le hajjtn. 






DE Versailles. 17 

XXIX. FABLE. 

V Aigle y le Lapn^ & tE/carbot. 

I /A I G L E pourfuivant un Lapin , fut 
priée par un Efcarbot de luy donner la 
vie. Elle n*en voulut rien faire, & man- 
gea le Lapin. L'Efcarbot, par vengeance, 
cafla deux années de fuite les oeufs de 
lAigle, qui enfin alla pondre fur la rob- 
be de Jupiter. LTfcarbot y fit tomber 
fon ordure. Jupiter voulant la fecoiier, 
jetta les œufs de lAigle, & les caffa. 

M^'Ai^e efl élevée fur un peth rocher^ ç^ 
'vomit de l'eau par fon hec. Le Lapin O* 
VEfcarhot en bas forment deux jets, 

XXX. FABLE. 

Le Lo^p & le Porc- Epie. 

\J N Loup vouloitperfuaderàun Porc- 
Epie de fe défaire de fes piquans, & qu'il 



zS Labyrinte 

en fcroit bien plus beau. Je le croy, dit 
le Porc -Epie; mais ces piquans fervent 
à me defFendre, 

y^'Efl une manière de Grotte rufliaue , oùj 
dans des niches à jour^ ilj a des Porcs- Epies, 
dont les piquans font ingenieufement forme:(^ 
par l'eau. Aux deux cojle:^ on "voit des Loups 
qui vomijjent de l'eau dans le bajjin, 

XXXI. FABLE. 

Le Serpent a plujîeurs testes. 

JL/Eux Scrpcns^Tun à pluficurs telles, 
l'autre à plufîeurs queues, difputoient de 
leurs avantages. Ils furent pourfuivis. Ge- 
luy à plufîeurs queues fe fauva au tra- 
vers des brouflailles, toutes les queues 
fuivant aifément la telle. L'autre y de- 
meura, parce que les unes de fcs telles 
allant à droite, les autres à gauche, el- 
les trouvèrent des branches qui les ar- 
relièrent. 



DE Versailles. 2^ 

I ^ E Serpent a plujteurs tefies efi au mu 
lieu d'un bajjtn. Chaque tefle forme un jet 
d'eau. Celuy à plufieurs queues plus élevé j fait 
un gros jet en l'air, 

XXXII, FABLE. 

La Souris^ le Chat, & le petit Coc. 

ij N E Souris ayant rencontré un 
Chat & un petit Coc, vouloit faire ami- 
tié avec le Chat ; mais elle fut effarou- 
chée par lcCoc,qui vint à chanter. Elle 
s'en plaignit à fa mère, qui luy dit: Ap- 
prend que cet animal, qui eft fî doux, 
ne cherche qu'à nous manger, de que 
l'autre ne nous fera jamais de maL 

/y E petit Coc au milieu , le Chat (^ la 
Souris aux deux cofle"^ ^ forment trois jets. 



3à . L A B Y R I N T È 

XXXIII. fable; 

Le Milan & les Colombes. 

xJE s Colombes pourfuivies par le Mi- 
lan , demandèrent fecours à l'Efpervier, 
qui leur fit plus de mal que le Milan 
mefme. 

J^ Ans un cabinet de treillage orne à'Af- 
chiteElure y ejl un bajjtn rond^, au milieu du^ 
quel le Milan auec des Colombes qu'il tient 
fous Jes ferres ^ forme une efj^ece de Gerbe tout 
autour de la corniche du Cabinet. Ilj a plu- 
feurs autres Colombes ^ qui jettent de longs 
traits d'eau dans le bajjtm ^ l' Ef^ervier fa- 
roiji en l'air j comme pour les défendre, 

XXXIV. FABLE. 

Le Dauphin & le Singe. 

\J N Singe dans un naufrage fauta fur 
un Dauphin, qui le receût, le prenant 



DE Ver s a I XL e s. 31 
pour un homme. Mais luy ayant de- 
mandé s'il vifitoit fouvent le Piréc, qui 
cft un Port de mer 5 &c le Singe ayant 
répondu qu'il eftoit de fes amis, il con- 
nut qu'il ne portoit quunc befte, ôc le 
noya. 

(z.yu,%J milieu d'un hajjin auarrê le Singe 
tranji de peur ^ efl monté fur le Dauphin, qui 
forme un beau jet, 

XXXV. FABLE. 
Le Renard & le Corbeau, 

yj N Renard voyant un fromage dans 
le bec d'un Corbeau, fe mit à louer Ion 
chant. Le Corbeau voulut chanter, & 
laifTa choir fon fromage, que le Renard 
mangea. 

JL/£ Corbeau perché fur des branches "vo- 
mit de colère de l'eau contre le Renard , qui 
tenant le fromage, femble, en jettant de l'eau, 
fe moquer de luy. 



31 ' Labyrinte 

XXXVI. FABLE. 

Le Cime & la Crue, 

o 

i ,A Grue demanda à un Cigne pour- 
quoy il chantoit. C'cft que je vais mou- 
rir, répondit le Cigne, & mettre fin à 
tous mes maux. 

jL/ "V ^^c du Cigne ^ de celuy de la Grue 
il fort deux beaux jets d'eau, 

XXXVII. FABLE. 

Le Loup & la Tejie, 

vJ N Loup voyant une belle teftc chez 
un Sculpteur, difoit: Elle cft belle j mais 
le principal luy manque, l'efprit, & le 
jugement. 

($^yCLV milieu d'un haffm rond le Lou0 te^ 
nant une Tefle de marbre Jous fa Patte, for- 
me un gros jet d'eau, 

XXXVIII. 



DE Versailles. 35 

XXXVIII. FABLE. 

Le Servent & le Porc -Evic. 

(^N Serpent retira dans fa caverne 
un Porc-Epic, qui s*eftant familiarifé , le 
mit à le piquer. Il le pria de fe loger 
ailleurs. Si je t'incommode, dit le Porc- 
Epic , tu peux toy - mefmc chercher un 
autre logement. 

/ j E PorC'Epc 3 à Ventrée à* un petit 7V- 
cher en manière de caverne j jette de l'eau par 
tous les endroits de [on corps ; ce oui imite 
très - bien fes piquans: ^ le Serpent, au mi- 
lieu d'un hajjin, fait un jet d'eau» 

XXXIX. FABLE. 

Les Cannes & le pepip Barbet. 

\j N petit Barbet pourfuivoit de gran- 
des Cannes à la nage. Elles luy dirent: 
"Tu te tourmentes en vain j tu as bien la 

c 



34 Labyrinte de Versailles. 
force de nous faire fuir , mais tu n*en 
as pas aflez pour nous prendre. 

jLJ Ans un cahinet de treïUdge orné XAr* 
chkeélurcj j^lufieurs Cannes^ en tournant avec 
rapidité au milieu d'un bajjin ^ jettent de l*eau 
en l'air; ç^ on entend le petit 'Barbet^ mi 
ahoye après , en les fuivant. 

\J N na f as prétendu pouvoir par 
ces courtes dejcrtptions ^ peindre par^ 
faitement la beauté & t agrément de 
toutes ces Fontaines, On a voulu feu- 
lement en donner quelque idée a ceux 
cfui ne les ont jamais veuès : ft) parce 
que les différentes beautez^ de VerfaiU 
les ne laijfent pas le temps de les ad- 
mirer toutes avec rejlexion y peutejhre 
mejme que ceux qui ont veù le Laby^ 
rinte y feront hien-aijes de s'en ra^ 
fraifchir la mémoire , f0 de voir avec 
loifir ce quils n'ont fâ voir qucn 
courant. 



EXPLICATI O N 

DU PLAN DU LABYRINTE. 

A T 'Entrée du Labym- 22 Le Milan & les Olfeaux.. 

-^— ^ f^' 2^ Le Singe Roy. | 

B ïigure d'Efope. 24 Le Renard dr le Bouc. 

C ïigure de 'l'Amour. 2.f Le Confeil des Rats. 

1 Le Duc & les oifeaux. 26 Les Grenouilles & %ft* 

2 Les Cocs é' la Perdrix. ter. 
^ Le Coc é- le Renard. 27 Le Singe & le Chat. 

4 Le Coc é- le Diamant. 28 Le Renard & les Raifins. 
$ Le chat fendu & les Rats. 2$ V Aigle y le Lafin, & lEk 

6 L'Aigle é- le Renard. carbot. f 

7 Les Paons & le Geny. $0 Le Loup dr le Porc - Epie 

5 Le Coc é- le Ccc-d'lnde. ^i Le Serpent aplufieurs Te 
ç Le Paon dr la Pie. fies. 

10 Le Serpent dr la Lime. ^2 La Souris, le Chat, & h 

11 Le Singe drfes petits. petit Coc. 

12 Le Combat des Animaux, s? Le Milan dr les Colom 
7/ Le Renard dr la Grue. bes. 
14 La Grue é- le Renard. s^ Le Dauphin à- le Singe, 
is La Poule dr les Pouffms. ss Le Renard & le Corbeauk 
16 Le Paon & le RopgnoL ^6 Le Cigne & la Grue. V 
// Le Perroquet é- le Singe. ;/ Le Loup dr la Tejîe. 

18 Le Singe Juge. ^8 Le Serpent & le Porc- 

iSf Le Rat d* la Grenouille. Epie. 

20 Le Lièvre & la Tortue. 39 Les Cannes & le Bar- 

21 Le Loup d^ U Gru'é. het. 



t L A B Y R I N T E .. 

FJBLEI. 

LEDUC 

ET 
LES OISEAUX. 

LE s Oifeaux en plein jour voyant 
le Duc pareftre. 
Sur luy fondirent tous à fon hideux 
afpec. 
Quelque parfait qu'on puiffe eftre, 
Qui n'a pas fon coup de bec? 



i 



DE ^:; Versailles. 




4 L AB y BL I N T E 

FABLE II. 

LES C O C S 

E T 
LA PERDRIX. 



LA Perdrix bien batuë eut vn dé- 
pit extrcfmc 
Que les Cocs peu galands la traitafTenc 

ainfi : 
Depuis voyant qu entr*eux ils en vfoient 

de mefme , 
Patience, dit -elle, ils fe battent aufîi. 



deVersaill^es^ ^ 




Labyrinte 



FABLE III 



LE C O C 



E T 



LE RENARD. 



L 



E Renard dit au Coc , vne paix 

éternelle 

i 
Eft conclue entre nous, defcends: ouïj„ 

deux Lévriers 
Viennent, répond le Coc, m*en dire 

la nouvelle : 
Le Renard n*ofa pas attendre les Cou- 

riers. 



DE Versailles. 




g; L A B y R I N T E 

FABLE IK 

LE COC 

E T 

LE DIAMANT. 

LE Coc fur vn fumier grattoir^ lors 
quà fcs yeux 
Parut vn Diamant: helas^ dit -il, qu'en 
faire î 
Moy qui ne fuis point Lapidaire , 
Un grain d'orge me convient mieux* 



DE Versailles. > 




lo Labyrtn te 

FA B L E K 

LE CHAT PENDU 

ET 

LES RATS. 

UN Chat faifoit le mort, dz prit 
beaucoup de Rats, 
Puis il s'enfarina pour déguifcr fa mine : 
Quand mefme tu ferois le fac à la fa- 
rine. 
Dit vn des plus rufez, je n^approche- 
rois pas, 

• 



DE Versailles. 



II 




fl 



L A B Y R I N T E 



FABLE ri. 

L' A I G L E 

a 

ET 

LE RENARD. 

COmperes Se voifîns affez mal 
aflbrtis, 
A la tentation tous deux ils fuccom- 

berent. 
Car TAigle du Renard enleva les pe- 
tits , 
Et le Renard mangea les Aiglons qui 
tombèrent. 



DE Versailles. 13 




14 



Labyrinte 



FABLE VIL 

LES PAONS 

E T 

LE G E A Y. 

OS E s-T u bien cacher tes plumes 
fous les noftres. 
Dirent les Paons au^ Geay rempli d'am- 
bition ? 
Qui s'élève au dcfTus de fa condition 
Se trouve bien fouvent plus bas que 
tous les autres. 



DE Versailles, ij 




l4 L A B Y R I N T E 

FJBLE FUI. 

LE COC 

ET 
LE COC- D' INDE. 



D 



UCoc- d'Inde le Coc fut ja« 
loux, & crût bien 
>v QhI^I eftoit fon rival, mais il n*cn eftoic 
rien ; 
Car il' faifoit la roue, &c libre, de fans 

affaire , 
Pour avoir feulement le plaifir de la 
faire. 



DE Versailles. 17 




,^:' 



t8 L A B y «. I K X E 

FABLE IX. 

LE PAON 

ET 
LA PIE. 

LE Paon eft élu Roy comme vu 
fort bel Oifeau, 
La Pie en murmure, & s'irriçc 
Qujon ait peu d'égard au mérite. 
Eft -il feur qu'on foit bon parce que 
Ton eft beau? 



PE Versailles. 



ip 




10 L A B Y R I N T E 

FABLE X. 

LE SERPENT 

E T 
LA LIME. 

LE Serpent rongeoit la Lime, 
Elle difbit cependant. 
Quelle fureur vous anime. 
Vous qui pafTcz pour prudent? 



DE VEK.SAILLES* XI 







■jconimnmnflimJmpiiiraniii**'^'^ 



22, Labyrikte 

FABLE XL 

LE SINGE 

E T 
SES PETITS. 

LE Singe fit mourir fes petits en 
efFet, 
Les ferrant dans fes bras d Vne étraintc 

maudite. 
A force d'applaudir foy-mefmc à ce 
qu*on fait 
L'on en ctoufFe le mérite» 



DE Versailles. ^^ 




14 Labyrinte 

FABLE XII. 

LE COMBAT 

DES 

ANIMAUX. 

GUERRE des deux coftez ian- 
glante, & meurtrière ^ 
Dont pas vn ne voulut avoir le dé- 

menty. 
Mais la Chauve - Souris trahiflant fou 

party. 
No fa jamais depuis regarder la lu- 
mière. 



P E V E R s A I L L E s. 2.J 







u 



Labyrinte, 



FABLE XIII. 

LE RENARD 

ET 

LA GRUE. 

LE Renard voulut faire à la Grue 
un feftin. 
Le difné fut fervi fur vne plate afiîétef 
Il mangea tout, chez luy comme ail- 
leurs le plus fin. 
Elle de fbn long bec attrapa quelcjue 
miétc. 



^•^ 



DE Versailles. 



^7 




1$ Labyrinte 

FABLE XIK 

LA GRUE 

ET 

LE RENARD. 

LE Renard chez la Grue alla pa- 
reillement. 
Un vafe étroit, ^ long fut mis fu£ 

nape blanche. 
De la langue le bec fc vengea pleine- 
ment. 
Eft-il pas naturel de prendre fà re- 
vanche l 



'/s 



DE Versailles. 19 



ï ! 




30 Làbyrinte 

FABLE XK 

LA POULE 

ET 

LES POUSSINS. 

LA Poule, du Milan connoiflant 
les defleins. 
Sans fongcr quelle-mefme en cftoit 
pourfuivie^ 
Dans vne cage enferma fes Pouffins, 
Et les mit en prifon pour leur fauver 
la vie. 



1 



DE Versailles. 51 



H' 




5i Labyrinte 

FABLE XVI 

LE PAON 

E T 

LE ROSSIGNOL. 

LE Paon dit à Junon, par ton di- 
vin pouvoir. 
Comme le Roffignol que nay-jc la 

voix belle: 
N'eft-tu pas des Oifeaux le plus beau, 

luy dit -elle? 
Croy-tu que dans le monde on puillc 
tout avoir? 



de: Versailles. 



53 




34 L A B Y R I ^ T E 

FABLE XVI I. 

L9 PERROQUET 

E T 
LE SINGE, 

LE Perroquet eût beau par fon 
caquet 
Imiter l'Homme, il fut vn Perro- 
quet, 
Et s*habillant en Homme , fous le 

linge 
Le Singe auffi ne pafla que pour 
Singe. 



DE Versailles. ss 




3^ Iabyrinte 

FABLE XVIII. 

LE SINGE 

JUGE. 

LE Renard en procès vint le Loup 
attaquer: 
Le Singe comme Juge écouta leurs re- 
queftes : 
Après il dit, je ne fçaurois manquer 
En condamnant deux fi méchantes bc- 
ftes. 



D E.' V E S. S AILÉES^ J7 




38 LabyrinTE 

FABLE XIX: 

LE RAT 

E T 
LA GRENOUILLE. 

LE Rat , & la Grenouille auprès 
d'vn marécage 
S*entretenoicnt en leur langage , 
Le Milan fond fur eux. 
Et les mange tous deux. 



DE Versailles. 3^ 




. - T^^^^mmmummmmmmimmnimii'i'^''''''''''' 



\ 



40 L A B Y R I N t E r 

FABLE XX- 

LE LIÈVRE 

ET 

LA TORTUE. 

LE Lièvre & la Tortue alloicnt 
pour leur profit : 
Qui croiroit que le Lièvre eût demeu- 
ré derrière? 
Cependant je ne fçay comme cela fe 

fit. 

Mais enfin la Tortue arriva la pre- 
mière. 



DE Versailles. 



4ï 




"'"'"''^-/wruninrenranmitiU'uuiorAiiipqnasnijiiwunmiiDW'iwiJiwinao: 



\ 



41 . L A B Y R I N T E 

FABLE XXI. 

LE LOUP 

ET 
LA GRUE. 

LA Grue ayant tiré de la gorge 
du Loup 
Un os de fon long bec qui le prefToit 

beaucoup : 
Il n'a tenu qu'à moy de vous manger^ 

Commère, 
Luy dit le Loup ingrat, & c'eft voftrc 
falairc. 



{ 



DE Versailles. 43 




\ 



L A B Y R I N T 



FABLE XXII. 

LE MILAN 

ET 

LES OISEAUX. 

E Milan vne fois voulut payer 



JLrf fa feftc 



Tous les petits Oifeaux par luy furenÊ 

priez j 
Et comme à bien difher Taffiftancc 

cftoit prefte. 
Il ne fit qu vn repas de tous les Con- 

viez» 



/' 



De Versailles. 45 




V 



4^ La'byrinte 

FABLE XXIII. 

LE SINGE 

ROY. 

LE Singe fut fait Roy des autres 
Animaux , 
Parce que devant eux il faifoit mille 

fauts: 
Il donna dans le piège ainfi qu Vne au- 
tre Befte, 
Et le Renard luy dit. Sire, il faut de 
la tefte. 



/ 



PE Versaili.es. 47 




flirn i » I IMI I IMnniimrnn iUm r lnnnh""'"i ;;;i;;V' giimmjiiifnin mii!nrilliliiniriiiminifimiiijiiiiii»iiin iiinmmrniiiii,irin-;TT.imin 



\ 



L A B Y RI NT E 



FABLE XXIK 



LE RENARD 

ET 

LE BOUC. 



T 



Ou S deux au fond dVn Puits 
taciturnes, & mornes 
De s'affifter iVn Tautre avoient pris le 

parti : 
Le Renard pour fortir fe hauflant fur 

fcs cornes. 
Fit les cornes au Bouc après qu*il fut 
forti. 



PE Versailles* 49 




50 L À 5 Y R î NT E 

FABLE XXK 

LE CONSEIL 

DES RATS. 



L 



E Chat cftant des Rats l'advcrfai- 
rc implacable. 
Pour s en donner de garde, vn d'en- 

tr'eux propofa 
De luy mettre vn grelot au coû, nul 

ne lofa : 
De <juoy fert vn confeil qui n'eft point 
pratiquable? 



^^ 



DE Versailles. 



yt 




\ 



jx Labyrinte 

FABLE XXFI. 

LES GRENOUILLES 

E T 
JUPITER. 

UN E Poutre pour Roy faifoit peu 
de befognc. 
Les Grenouilles tout haut en murmu- 

roient déjà: 
Jupiter à la place y mit vne Cigogne; 
Ce fut encore pis, car elle les mangea. 



DE Versailles. 55 




;4 LabYRINTE 

FABLE XXVIL 

LE SINGE 

E T 

LE CHAT. 

DU Singe icy l'adrefTe éclate. 
Mais celle du Chat paroift peu. 
Quand il donne à l'autre fa patc 
Pour tirer les marons du feu. 



DE Versailles. 55 




^6 Labyrinte 

FABLE XXVIIl 

LE RENARD 

E T 

LES RAISINS. 

LE s plaifis coûtent cher, & qui 
les a tout purs? 
De gros Raifins pendoient, ils eftoicnt 
beaux à peindre. 
Et le Renard n y pouvant pas attein- 
dre. 
Ils ne font pas, dit-il, encore meurs. 



DE Versailles. 57 




;8 



LABYE.INTB 



FABLE XXIX. 

r A I G L E, 

LE LAPIN 
ET UESCARBOT. 

L'Aigle prit le Lapin, l'Efcar- 
bot fon comperc 
Intercéda pourtuy touche de la mifere^ 
L'Aigle ne laifla pas pourtant de le 

manger. 
L'autre cafla fes œufs, afin de s'en ven- 
eer. 



^^ 



DE Versailles. ^^ 




\ 



Co 



Labyrinte 



FABLE XXX. 

LE LOUP 

E T 

LE PORC-EPI C. 

UN jour au Porc -Epie difoit le 
Loup fubtil^ 
Croyez -moy, quittez-là ces piquans^ 

ils vous rendent 
Defagrcable^ôi laid: Dieu m'en garde, 

dit-il. 
S'ils ne me parent pas, au moins ils 
me défendent. 



j 



PE Versailles- Ci 




"h 



Ct 



Labyrinte 



FABLE XXXI. 



LE SERPENT 



PLUSIEURS TESTES. 

Pluralité' de Telles impor- 
tune. 
Un Serpent en eut fept, vn autre n'en 

eut qu'vne. 
Il pafla, le premier eut de grands cm- 

baras : 
Un Chef eft abfoiu , plufieurs ne le 
font pas, 

^5f» 



/ 



DE Versailles, c^ 




% 



*\, 



C4 L A B Y R I N T E 

FJBLE XXXI L 

LA SOURIS, 

LE CHAT, 

E T 
LE PETIT COC. 

A La vieille Souris difoit fâ jeune 
fille. 
Je hay le petit Coc, j aime le petit Chat. 
Le Chat, répond fa mère, ahî ceft vn 

fcelcrat. 
Mais le Coc n*a point fait de mal à ta 
famille. 



/ 



PE Versailles. 6s 




6â L A B Y R I N T E 

F JB LE XXX m 

LE MILAN 

E T 

LES COLOMBES. 

LE s Colombes en guerre avecque 
le Milan 
Veulent que TEpervier à leur tefte de- 
meure. 
Mais leur condition n*en devient pas 

meilleure. 
Ayant vn advcrfaire, ôc de plus vn ti- 
ran. 



DE VtB,KS AILLES. 67 




^8 L AB Y R I NT E 

FABLE XXXIV. 

LE DAUPHIN 

ET 
LE SINGE. 

LE Dauphin fur fon dos portoit 
le Singe à nage , 
Et reconnut au premier mot 
Qull neftoit pas vn homme, oU que 

c'eftoit vn fot, 
Ainfi ne voulut pas s'en charger davan- 



tage. 



^^^ 



DE Versailles, c^ 




70 



Labyrinte 



FABLE XXXV 

LE RENARD 

E T 

t 

LE CORBEAU. 

LE Renard du Corbeau loua tant 
le ramage. 
Et trouva que fa voix avoit vn fon fi 

beau, 
Qujenfin il fit chanter le malheureux 

Corbeau 
Qui de fon bec ouvert laiffa choir vn 



fromage. 



«ô^^ 




mmmutnnuunnumtaiiifiLUTUimmBioniaDJuugiiiaoflidnMPJnjmpurtunminujviuniiurjjjiiuHijmmninmnBmma 



/./• C/rrc / 



72. Labyrinte 

FABLE XXXVI. 

LE C I G N E 

ET 

L A G R U Ë. 

A Grue interrogcoit le Cigne 
dont le chant 
Bien plus qu a Tordinaire eftoit doux 

& touchant. 
Quelle bonne nouvelle avez-vous donc 

receûë ? 
C'eft que je vay mourir^ dit le Cignc 
à la Grue. 




DE Versailles. 73 




74 Labyrinte 

FABLE XXXVII. 

LE L O U P 

E T 

LA TESTE. 

UN Loup non fans merveille en- 
tra chez vn Sculpteur, 
Il n'y va pas fouvent vne pareille 

Befte: 
Voyant vne Statue , il dit, La belle 

Tcfte! 
Mais pour de la cervelle au dedans, fer- 
viteur. 



DE Versailles. 75 




, » I " t > 



Le CU 



7^ Labyrïnte 

FABLE XXXFIIL 

LESERPENT 

ET 
LE PORC-EPIC. 



L 



E Serpent trop civil par vnc grâ- 
ce cxtrefmc 
Reçoit le Porc- Epie, après il s'en repcnr. 

Sortez d'icy, dit le Serpent: 
L'autre comme vn ingrat. Sortez d'icy 
vous - mefme. 



o 



V 



E Versailles. 77 




iciiiimiiiiuitniinDnMiiwaiiiaMnninin iin BOflpiimifniiintm 



78 



Labyrinte 



FABLEXXXIX. 

LES CANNES 

ET 

LE BARBET. 

CE Barbet en veut à ces Can- 
nes, 
Mais par elles il eft inftruit 
Qu^il eft par fois des vœux auffi vains 

que profanes, 
Et qu'on ne force pas toujours ce qu'on 
pourfuit. 



^^ 



DE Versailles. 75> 




TABLE 

DES FABLES. 

Fable ^' T ^ Duc ^ les Oi^ 

•^-^ fcaux. page z 

Fable II. Les Cocs ^ la Perdrix, 

Fable \\\. Le Coc^ le Renard, 6 
Fable \N , Le Coc çjt* le Diamant. S 
Fable Y, Le Chat fendu cjST l^s 
Rats, 10 

Fable VI. LAï^e ^ le Renard, iz 
Fable VII. Les Paons O* /^ Geay, 

H 
Fable VIII. Le Coc çy le Coc-dLn- 

de, i6 

Fable I X. Zf Paon ^ la Pie, iS 

Fa L B E X, Le Serpent c^r ^ Lime, 

20 

Fable XI. Le Singe ç^ Je s petits, i z 
Fable XII. Le Combat des Animaux, 

H 

F 



Table des Fables. 
Fable XIII. LeRenard^ la Gmë.i^ 
Fa B L E XIV. Ld Gmëi^ le Renard zS 
Fable XY. La Poule e^ les Pouf- 
fins, 30 

F A B L E X V I. Z.e Paon c;^ le RoJJignoL 

52- 
Fable XVII. Le Perroquet O* le Sin-^ 

Fable XVIII. Le Singe Juge. ^6 

Fable XIX. Le Kat S* l^ GrenouïL 

le, ^ ^8 

Fable XX. Le Lièvre ^ la Tortue. 

Fable XXI. Le Loup c^ la Grue.^i 
Fable XXII. Le Milan c^ les Oi- 
féaux. ^^ 

Fable XXIII. Le Singe Roy. ^^f 

Fable XXIV. Le Renard^ le Bouc, ^i 
Fable XXV. Le Confeil des Rats, jo 
Fable XXVI. Les Grenouilles c^ Jupi- 
ter. JZ 
Fable XXVII. Zf Singe f0 le Chat.j^ 
Fable XXVIil. Z.e Renard ^ les 

Raijîns» j^ 



ù 



Table des Fables. 
Fable XXIX. VAï^e, le Lapin^ 

f0 lEfcarbot, j8 
Fable XXX. Xe Loup ^ k Porc- 

Epie, 6q 

Fable XXXI. Z.f Serpent à plu^ 

Jieurs tefies, 62, 
Fable XXXIl. Lu Souris » le Chat, 

^ le petit Coc. 6"^ 
Fable XXXIIL Le Milan Q^ les Co^ 

lombes, 66 

Fable XXXIV. Le Dauphin O" l^ 

Singe, 6S 

Fable XXXV. Le Renard O' l^ Cor- 

beau. 70 

Fable XXXVI . Le Cigne ^ la Grue'. 

71 
Fable XXXVII. Le Loup ^laTeJte. 

Fable XXXVIII. Le Serpent ^ le 

Porc " Epie, 76 

Falbe XXXIX. Z-e^ Qanms O* l^ 

Barbet, 7S 



^^ 



A PARIS, 
DE L'IMPRIMERIE ROYALE, 

PAR 

SEBASTIEN M A BRE-C R A MO I S Y, 

Direâ:eur de ladite Imprimerie. 
f — — _ — i» 

M. D C. L X X V I I. 




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GEm CENTEi?